Un bout de route ensemble ...
Les Éditions À Cœur Joie se sont constituées en SARL le 1er avril 1976 (ce n’était pas un poisson… d’avril !). J’ai pris la direction de cette maison commerciale le 1er septembre 1988, deux ans après l’avoir intégrée car Ninon Brizard, la première directrice, a pris sa retraite à cette date-là. Les douze premières années de fonctionnement, de 1976 à 1988, ont été très difficiles : les ventes étaient bonnes mais les frais de fonctionnement et les charges étaient bien trop importants. Pour arriver à un bon équilibre et se passer de la caution du Mouvement À Cœur Joie, l’actionnaire principal, j’ai dû prendre des mesures drastiques en diminuant le personnel et en nous dotant d'une unité d’impression plus performante.
Une collection de partitions «économiques» a été créée pour concurrencer les éditions étrangères. C’est ainsi qu’ont été lancées les œuvres chorales de Vivaldi, aux partitions de chœur sans couverture, après les restitutions que j’ai entreprises à la Bibliothèque Universitaire de Turin qui possède tous les manuscrits des œuvres chorales d’Antonio Vivaldi. D’autres restitutions de grands maîtres de l’art choral ont suivi, grâce aux contacts que j’avais à travers l’Europe (jusqu’en Pologne…)
Des musiciens, des professeurs d’harmonie, etc. ont accepté de donner un premier avis sur les manuscrits reçus par des arrangeurs, harmonisateurs et compositeurs, la décision finale relevant d’un comité éditorial. Des contrats ont été passés pour développer des collections dont la plus significative fut celle de «Jazz choral», sans oublier le travail remarquable du spécialiste de la musique de la Renaissance, Jacques Barbier. Pour la musique du Moyen Âge, la collection «Diaphonia» avait l’ambition de dresser un vaste panorama du IXe au XIVe siècle ; Jacques Viret, professeur émérite de l’Institut de Musicologie de Strasbourg, en a été l’artisan. De nombreux spécialistes m’ont apporté leurs soutiens dans les collections diversifiées au catalogue des Éditions ACJ. Permettez moi de faire savoir qu’Eric Noyer a été un diffuseur très important de ses œuvres à grand succès.
Il m’est impossible de mentionner toutes les actions entreprises, les décisions parfois dures à prendre : la fermeture de la Boutique Musicale à Paris et celle de notre imprimerie, etc. Ces mesures ont permis aux Éditions ACJ de se constituer une réserve financière confortable.
Au début des années 2000, les Éditions ACJ - que je représentais - ont été admises au Conseil d’Administration de la CEMF (Chambre Syndicale des Éditeurs de Musique de France) à côté des majors de l’Édition (dont Warner Music, Universal Music Publishing, Billaudot, Martin, Durand-Eschig, Salabert, Lemoine…). La musique chorale était reconnue ; ce fut un grand honneur pour nous.
Avec un ami ingénieur informaticien d’IBM, Bruno Langlois, nous avons lancé notre premier site de vente sur le Web… à peu de frais, et nous l’avons développé. Conscient que l’avenir allait de moins en moins concerner les formats papiers, j’ai pu proposer en 2007 un abonnement numérique aux partitions. 15% des abonnés y ont souscrit d’emblée. En juin 2009, quand j’ai fait valoir mes droits à la retraite, je souhaitais que cet élan puisse se poursuivre.
Je ne veux pas finir ces quelques mots sans remercier le personnel des Éditions ACJ qui ont fait ce bout de route commercial avec moi. Tou(te)s m’ont été d’un précieux concours et sans elles, sans eux, rien n’aurait été possible. Je leur en suis infiniment reconnaissant.
François Harquel